Le mot mastour vient de l'arabe et signifie couvert, dissimulé. Dans le vocabulaire de la mode, il désigne une garde-robe qui couvre le corps sans y renoncer à l'élégance. Ce n'est pas un style unique ni une couleur imposée. C'est un ensemble de critères sur la coupe, la longueur et la matière. Une fois ces critères compris, vous choisissez vos pièces beaucoup plus vite.
Les quatre critères concrets
Quand vous regardez un vêtement, posez-vous quatre questions. Elles suffisent dans la grande majorité des cas.
- La longueur des manches. Une manche mastour descend jusqu'au poignet, ou légèrement au-delà. Comptez environ 58 à 62 cm de la couture d'épaule au poignet pour une taille standard. Méfiez-vous des manches 3/4 vendues comme longues : elles s'arrêtent à mi-avant-bras et remontent dès que vous levez le bras.
- La longueur de l'ourlet. Pour une robe ou une tunique portée seule, visez la cheville, soit 130 à 145 cm de longueur totale selon votre taille. Pour une tunique portée sur un pantalon, un ourlet sous le genou ou à mi-mollet suffit, autour de 90 à 110 cm.
- L'opacité. C'est le point le plus souvent négligé. Un tissu peut être long et couvrant tout en laissant passer la lumière. Le test simple : tenez le vêtement devant une fenêtre. Si vous distinguez la forme de votre main derrière, il faudra une doublure ou une sous-robe. Les crêpes épais, la viscose lourde et les lainages fins sont fiables. Le voile, la mousseline simple et la dentelle demandent presque toujours un dessous.
- L'ampleur. Un vêtement mastour ne doit pas mouler. Concrètement, cherchez au moins 10 à 15 cm d'aisance au tour de poitrine et de hanches par rapport à vos mesures. Sur une fiche produit, comparez la mesure à plat multipliée par deux avec votre propre tour : l'écart vous donne l'aisance réelle.
Attention aux détails qui trahissent la coupe
Une pièce peut cocher les quatre critères et rester inconfortable à porter. Surveillez les fentes latérales qui montent au-dessus du genou, les boutonnages qui bâillent à la poitrine, les encolures larges qui glissent sur l'épaule, et les ceintures coulissées qui marquent fortement la taille. Un ourlet fendu se coud en dix minutes. Une encolure trop ouverte, beaucoup moins facilement.
Composer une première garde-robe en six pièces
Vous n'avez pas besoin de tout racheter. Six pièces bien choisies couvrent la semaine entière si elles partagent la même palette de couleurs.
- Deux robes longues unies, dans des teintes neutres : une claire, une foncée.
- Un pantalon large, taille haute, dans une matière fluide qui tombe droit.
- Deux tuniques ou chemises longues, assez amples pour passer sur le pantalon.
- Une pièce tierce qui structure l'ensemble : blazer, gilet long ou kimono. C'est elle qui transforme une tenue simple en tenue construite.
Choisissez d'abord vos neutres, puis ajoutez une ou deux couleurs. Si toutes vos pièces se marient entre elles, vous obtenez une vingtaine de combinaisons sans effort le matin.
Les erreurs de début
La première est d'acheter trop large en pensant couvrir davantage. Un vêtement trop grand tombe mal, glisse des épaules et fait paraître la silhouette informe. Prenez votre taille réelle dans une coupe ample, pas une taille au-dessus dans une coupe ajustée. La deuxième erreur est de négliger la matière au profit du prix. Une viscose de qualité se porte cinq ans, un polyester fin bouloche en trois lavages. La troisième est de superposer sans réfléchir aux volumes : si le bas est large, gardez le haut plus près du corps, et inversement.
Le mastour n'est pas une contrainte à subir mais une grille de lecture. Avec les quatre critères en tête, vous saurez en quelques secondes si une pièce vous conviendra.
Si vous hésitez sur une pièce ou sur une longueur, écrivez-nous. Nous vous donnerons les mesures exactes du modèle et notre avis honnête sur ce qui vous conviendra.